Philippe Wolfers · (1858–1929)

Les Muses endormies

Fiche technique

ARTISTe Philippe Wolfers
DATE Vers 1917-1921
matière Marbre blanc de Carrare
DIMENSIONS 103 x 102 x 79 cm
 Signature Ph. Wolfers
 PROVENANCE Commande du gendre de l’artiste pour Renée Wolfers, fille du sculpteur. Conservée dans la maison familiale jusqu’en 1995, Belgique.
CONSERVATION  Collection privée • Amérique du Sud
À PROPOS DE L’ŒUVRE

Les Muses endormies, également connues sous le nom de Les Sources endormies, incarnent l’un des sommets de la sculpture symboliste belge. Conçue par Philippe Wolfers à la fin de sa carrière, cette œuvre en marbre blanc de Carrare réunit trois figures féminines nues, allégories des Muses, plongées dans un sommeil profond, comme figées dans une méditation silencieuse.

Leur pose est à la fois sensuelle, poétique et intériorisée : l’une est assise, les bras repliés dans une posture songeuse, tandis que les deux autres se fondent en une composition triangulaire fluide, leurs corps épousant les courbes naturelles du bloc. Les longues chevelures ondulées, la nudité pudique et la douceur des formes trahissent l’influence de l’Art nouveau ; pourtant, la simplification des volumes annonce déjà l’esthétique Art déco.

L’archive familiale mentionne cette sculpture comme « exemplaire unique », fait exceptionnel chez Wolfers, dont les modèles étaient généralement édités à six exemplaires ; un bronze fut néanmoins réalisé en 1917 d’après le même modèle. Œuvre de transition, elle clôt l’ère Art nouveau et anticipe l’épure moderne des années 1920.

l’ARTISTe

Philippe wolfers

Bruxelles, 1858 — 1929, Bruxelles

LE PRINTEMPS PAR PHILIPPE WOLFERS →

Sculpteur, orfèvre et joaillier, Philippe Wolfers est l’une des figures incontournables de l’Art nouveau belge, aux côtés de Victor Horta et Henry van de Velde. Héritier d’une dynastie d’orfèvres, il se forme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, notamment auprès d’Isidore De Rudder, et devient directeur artistique de la maison Wolfers Frères en 1892. Jusqu’en 1905, il excelle dans la joaillerie, comparée à celle de Lalique.

À partir de 1905, il se consacre pleinement à la sculpture, explorant marbre, bronze, porphyre et ivoire. Son œuvre, d’abord symboliste, évolue vers les lignes épurées de l’Art déco. Il laisse un corpus d’une centaine de sculptures ; ses créations sont aujourd’hui conservées au Musée royal d’Art et d’Histoire, au MSK de Gand et au Victoria and Albert Museum.