PHILIPPE WOLFERS · (1858–1929)
Le Printemps
FICHE TECHNIQUE
| ARTISTE | Philippe Wolfers |
| DATE | 1916 (Modèle en ivoire : 1913) |
| DIMENSIONS | 57 × 15 × 15 cm |
| MATIÈRE | Marbre blanc de Carrare |
| SIGNATURE | « Ph Wolfers » |
| PROVENANCE | Collection privée de Freddy Wolfers, Belgique |
À PROPOS DE L’ŒUVRE
Cette sculpture représente une figure féminine nue incarnant l’allégorie du Printemps, dans une posture élancée et souplement arquée. Les bras relevés derrière la tête, dans un geste à la fois d’éveil et d’offrande, accentuent la verticalité et la grâce sinueuse de la composition. Le contrapposto discret anime le corps et crée un jeu subtil de tensions et d’équilibres.
Le modelé est d’une grande délicatesse, caractéristique de la maturité stylistique de Philippe Wolfers. La surface du marbre, finement polie, capte la lumière avec douceur et confère à la chair une qualité presque vibrante. Dans la chevelure s’entrelacent des fleurs et des fruits, éléments iconographiques essentiels qui affirment l’identité allégorique de la figure : renouveau, fécondité, abondance et épanouissement.
L’équilibre entre sensualité maîtrisée et raffinement décoratif reflète la synthèse personnelle opérée par Wolfers entre tradition académique et sensibilité symboliste.
Le modèle fut d’abord exécuté en ivoire en 1913. Le présent exemplaire constitue l’unique version réalisée en marbre en 1916, représentant l’aboutissement de cette composition.
Littérature
- ADRIAENSSENS, Werner, STEEL, Raf, De Wolfers dynastie : Van Art Nouveau tot Art Deco, Antwerpen, Pandora Uitgeverij, 2006.
L’ARTISTE
Philippe Wolfers
Belge, 1858–1929
Sculpteur, orfèvre et joaillier, Philippe Wolfers est l’une des figures incontournables de l’Art nouveau belge, aux côtés de Victor Horta et Henry van de Velde. Héritier d’une dynastie d’orfèvres, il se forme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, notamment auprès d’Isidore De Rudder, et devient directeur artistique de la maison Wolfers Frères en 1892. Jusqu’en 1905, il excelle dans la joaillerie, comparée à celle de Lalique.
À partir de 1905, il se consacre pleinement à la sculpture, explorant marbre, bronze, porphyre et ivoire. Son œuvre, d’abord symboliste, évolue vers les lignes épurées de l’Art déco. Il laisse un corpus d’une centaine de sculptures ; ses créations sont aujourd’hui conservées au Musée royal d’Art et d’Histoire, au MSK de Gand et au Victoria and Albert Museum.
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