ALFRED DUBUCAND · (1828–1894)
Le Chasseur d’Autruche
FICHE TECHNIQUE
| ARTISTE | Alfred Dubucand |
| DATE | ca. 1880 |
| DIMENSIONS | 63 × 77 × 33 cm |
| MATIÈRE | Bronze à patine brune et rehauts dorés |
| SIGNATURE | « DUBUCAND » |
| PROVENANCE | Collection privée française |
À PROPOS DE L’ŒUVRE
Le Chasseur d’autruche d’Alfred Dubucand est un exemple saisissant de sculpture orientaliste à son plus haut niveau. Doté d’un sens remarquable du mouvement et d’une grande finesse technique, l’artiste saisit un moment précis et dramatique au cœur d’une chasse traditionnelle à l’autruche en Afrique du Nord.
La composition montre un chasseur arabe lancé à pleine allure, galopant à travers un paysage désertique luxuriant. D’une main, il tient les rênes ; de l’autre, il brandit un bâton de chasse, prêt à frapper l’autruche qui fuit devant lui. La queue soufflée du cheval, la posture penchée du cavalier et les longues jambes tendues de l’autruche contribuent à une sensation intense de vitesse et d’urgence.
La maîtrise de Dubucand réside dans l’extrême attention portée aux détails et aux textures : le rendu minutieux du plumage de l’autruche, les plis délicats de la tunique du chasseur, la musculature expressive du cheval témoignent tous d’une profonde compréhension de l’anatomie et de la forme. Le travail de patine est tout aussi raffiné — des rehauts dorés viennent souligner certaines zones, guidant le regard du spectateur et accentuant la profondeur et les contrastes de la scène.
Cette sculpture ne se limite pas à l’action : elle reflète également une réalité historique. Inspirée des pratiques de chasse nord-africaines, l’autruche était traditionnellement poursuivie jusqu’à l’épuisement, avant d’être assommée à l’aide d’un gourdin en bois. Le bec ouvert et les ailes à demi déployées de l’autruche dans l’œuvre de Dubucand traduisent ce moment décisif — lorsque l’animal, exténué et vulnérable, est sur le point d’être atteint.
Le Chasseur d’autruche témoigne de la virtuosité de Dubucand et de son talent pour la narration. Il associe précision naturaliste, regard anthropologique et intensité dramatique en un seul bronze remarquable — un joyau de la sculpture orientaliste du XIXe siècle.
Littérature
- DAUMAS, Général. « Les Cavaliers et les Cheveaux du Sahara. » Revue Des Deux Mondes (1829-1971), vol. 12, no. 5, 1851, pp. 944–67.
- KJELLBERG, P. Les Bronzes du XIXe Siècle, Dictionnaire des sculpteurs. Les éditions de l’amateur, Paris, 1989, pp. 299–301.
L’ARTISTE
Alfred Dubucand
Paris, 1828 – Paris, 1894
Maître français du bronze animalier, au style précis et vivant. Né à Paris en 1828, Alfred Dubucand s’impose comme l’un des principaux sculpteurs français du XIXᵉ siècle, reconnu pour ses bronzes animaliers d’une grande finesse. Élève de Justin-Marie Lequien et fortement influencé par Antoine-Louis Barye, Dubucand développe rapidement un style personnel, alliant rigueur anatomique et sensibilité artistique.
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