MARNIX D’HAVELOOSE

(Maldegem, 1885-1973, Bruxelles)

MARNIX D’HAVELOOSE

(Maldegem, 1885-1973, Bruxelles)

Né à Maldegem en 1885, mort à Ixelles en 1973, Marnix d’Haveloose appartient à la génération d’artistes belges qui ont su concilier la rigueur académique et la recherche expressive propre au Symbolisme fin de siècle.

Il étudie à l’École de dessin de Maldegem à partir de 1894, puis se forme à l’Académie des Beaux-Arts de Bruges avant d’intégrer l’Académie royale de Bruxelles, où il devient l’élève des sculpteurs Charles Van der Stappen (1902-1906) et Julien Dillens (1909-1910). Il épouse la fille du peintre Henry Cassiers (1858–1944), et s’installe à Bruxelles. Il y fréquente les milieux artistiques et intellectuels les plus ouverts à la modernité plastique.

Lauréat du Prix Godecharle en 1910 pour son bronze La Toilette, présenté à la Triennale de Bruxelles la même année ( actuellement au Musée des Beaux-Arts de Liège), il entreprend ensuite plusieurs voyages d’étude en Italie, France, Allemagne et Angleterre, dont l’influence se manifeste dans l’harmonie de ses compositions. Devenu professeur à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles (1935–1955) puis directeur de l’École de sculpture (1951–1954), il prône un art fondé sur l’observation directe du modèle et la primauté du geste.

Son œuvre, marquée par une approche à la fois sensuelle et spirituelle de la forme, s’inscrit dans la continuité des grands sculpteurs belges du tournant du siècle tout en s’en distinguant par une liberté intérieure et un goût prononcé pour la monumentalité. D’Haveloose considère l’oeuvre d’art comme une abstraction rendue visible. Il crée des figures féminines élégantes et puissantes (Les Danseuses, Salomé), des bustes et monuments commémoratifs, ainsi que plusieurs œuvres publiques à Bruxelles : Amphitrite et Minerve au hibou (Palais de Justice), une statue pour le bâtiment principal du Heysel, et la décoration des escaliers d’accès au Mont des Arts, côté jardins. Il expose notamment à Paris, Venise, Munich, Bruxelles, Gand, Liège, Glasgow et Riga.

À partir des années 1930, il défend une vision humaniste et indépendante de la création. Dans son texte Contre l’esprit de système (publié dans Cahiers des Arts, n°7, décembre 1955), il affirme que « l’œuvre d’art est avant tout un acte de liberté ».

Littérature :

  • Ugo Ojetti, La Decima Esposizione d’arte a Venezia, Begamo : Istituto Italiano d’arti granche, 1912.

  • Engelen, Cor et Marx, Mieke. La Sculpture en Belgique à partir de 1830. Tome III : Devreese-Hecq. Bruxelles, Laconti, 2002, pp. 1276-1280.