JOS DE DECKER

(Termonde, 1912-2000)

JOS DE DECKER

(Termonde, 1912-2000)

Jos De Decker naît le 18 septembre 1912 à Termonde et s’éteint en 2000. Sculpteur et médailleur de renom, il hérite dès son jeune âge des capacités musicales de son père et étudie le violon à l’Académie de Musique de Termonde. Il est embauché par Cinéma Belgica pour accompagner des films muets au sein d’un orchestre, mais avec l’essor du cinéma parlant, son rôle de violoniste n’est plus requis.

C’est à partir de 1928 qu’il se tourne résolument vers la sculpture, en suivant les cours d’Alfred Courtens. Grâce à une bourse, il poursuit sa formation à l’Académie de Bruxelles auprès des sculpteurs Jacques Marin, Victor Rousseau et Egide Rombaux (1931), avant de travailler dans l’atelier de ce dernier, sculpteur-médailleur établi à Uccle, de 1934 à 1940. Le Prix Buls (1934) lui permet d’étudier à Paris, tandis que le Prix Triennal de Sculpture lui ouvre les portes d’un voyage de trois mois en Italie. En 1941, il obtient le 2e Prix au concours du Prix de Rome.

Sa carrière artistique est aussi une carrière pédagogique : il enseigne à l’Académie de Termonde de 1947 à 1978 et en devient le directeur en 1970, transmettant son savoir et sa passion à de nombreuses générations d’artistes.

Parmi ses commandes officielles figurent les monuments de la Reine Astrid à Termonde (1938) et à Gand (1950), une fontaine à Termonde, le groupe d’Enfants agenouillés avec coquillages dans le Parc Joséphine Charlotte, ainsi qu’une statue au bord de l’étang devant la gare de Lokeren (1950), offerte par la ville à la princesse Joséphine Charlotte. Il réalise également plusieurs monuments de guerre, dont le Pro Patria à Baasrode (1946), l’Hommage aux héros à Buggenhout, Hofstade et Auderghem (1947), ainsi qu’au cimetière Vogelenzang à Anderlecht (1957). On lui doit aussi des bustes, notamment celui d’Auguste De Boeck (1967), des ouvrages religieux, des bas-reliefs décoratifs pour façades, et le pavillon Civitas Dei pour l’Exposition Universelle de 1958. Ses médailles et plaquettes, parmi lesquelles le Cheval Bayard à Termonde, sont exposées à la Fédération Internationale de la Médaille, au Sterckxhof à Deurne et à la Bibliothèque Royale.

Il expose dès 1936 dans la salle de l’Académie de Termonde et participe à de nombreuses expositions en Belgique et à l’étranger, notamment à Stockholm (1955), Anvers (1956, 1958, 1960, 1962) et au Middelheim (1974). En 1971, la Galerie De Vuyst de Lokeren lui consacre une rétrospective pour ses 40 ans d’activités.

Ses distinctions sont nombreuses : Médaille d’or de l’État (1933), 1er Prix Médailles et Plaquettes de la Province de Flandre Orientale (1954), Prix Civitatis Dei à l’Exposition Universelle de Bruxelles (1958) pour son œuvre Saint Joseph Ouvrier, Prix Conrad Chapman aux États-Unis (1969), et membre de l’Académie Royale de Belgique depuis 1955. Ses œuvres ont été acquises par l’État belge, le Ministère des Travaux Publics, la Province de Flandre Orientale, le Cabinet des monnaies de l’Albertine à Bruxelles, ainsi que par les villes de Termonde, Bruxelles, Lokeren et Anderlecht.

Jos De Decker laisse un héritage durable, reconnu pour sa capacité à conjuguer une technique impeccable avec une profonde sensibilité artistique. Son travail continue d’inspirer et de toucher les amateurs d’art bien au-delà de sa disparition en 2000.

Littérature :

  • Aimé Stroobants, Jos De Decker, Rotary Club Termonde, 1999.

  • Engelen, Cor et Marx, Mieke. La Sculpture en Belgique à partir de 1830. Tome II : Constant-De Vos. Bruxelles, Laconti, 2002, pp. 878-879.