charles van der stappen · (1843–1910)

Argus

Femme aux Paons

FIche technique

ARTISTe Charles Van der Stappen
DATE ca. 1897-1898
MATIÈRE Bronze
DIMENSIONS Hauteur 56,5 cm
 Signature VANDERSTAPPEN ARGUS • KK. / KUNSTERZGIEBEREI / WIEN
 PROVENANCE Collection Privée • Allemagne
CONSERVATION  Collection Privée • Belgique
À PROPOS DE L’ŒUVRE

Ce bronze incarne la renaissance de la sculpture belge que Van der Stappen promut à travers l’Europe. Exposé à la Sécession viennoise en 1898, année où l’artiste y reçut la médaille d’or, il épouse les formes ondulantes de l’Art nouveau et le thème fin de siècle de la « femme fatale ». La ligne souple unit une femme nue à deux paons et affirme l’unité de la composition.

L’œuvre représente la déesse Junon accompagnée de son animal. Dans les Métamorphoses, Ovide raconte comment Junon confia à Argus, géant aux multiples yeux, la garde d’Io ; Mercure ayant tué le gardien, la déesse en disposa les yeux sur le plumage du paon. Version du Sphinx, mi-humaine mi-animale, gardienne de l’inspiration et messagère de mort, la figure résume tout l’imaginaire symboliste de l’artiste.

Les corps se fondent en un mouvement courbe qui magnifie chaque point de vue. Rare, ce bronze fut coulé à Vienne par la fonderie K. k. Kunsterzgießerei, dont Van der Stappen recommanda le directeur, Arthur Krupp, à Rodin en 1899.

l’ARTISTe

charles van der stappen

Bruxelles, 1843 — 1910, Bruxelles

Artiste d’une grande culture, nourri de littérature classique, Charles Van der Stappen se forma dans l’atelier de Portaels et lors de nombreux voyages, notamment en Italie. Ami d’Émile Verhaeren, de Camille Lemonnier et d’Edmond Picard, il exposa régulièrement aux XX et à La Libre Esthétique, comptant parmi les figures majeures de la « Sphinx moderne » aux côtés de Khnopff et Rops.

Sculpteur, médailleur, artiste du livre et du décor, il fut aussi professeur puis directeur de l’Académie des beaux-arts de Bruxelles vers 1900, renouvelant l’enseignement artistique en Belgique. Couronné de distinctions internationales, il signa des icônes de la fin du XIXᵉ siècle, tel le Sphinx mystérieux chryséléphantin.