Pierre federspiel · (1864–1924)

Allégorie de la Vérité

Fiche technique

ARTISTe Pierre Federspiel
DATE 1900
matière Marbre blanc de Carrare
DIMENSIONS Grandeur nature
 Signature P. Federspiel / 1900
 PROVENANCE Hall d’entrée, avenue des Amandiers 1, Bruxelles • Belgique
CONSERVATION  Collection privée • Belgique
À PROPOS DE L’ŒUVRE

Ce marbre spectaculaire compte parmi les œuvres majeures de Pierre Federspiel. Surgissant d’un support ondoyant en une superbe courbe serpentine, partiellement drapée, le nu féminin élève un miroir de la main gauche : un témoignage éclatant de l’habileté et de l’originalité du sculpteur. La composition s’inspire probablement de La Vérité de Pierre-Jules Cavelier (1853), reprenant l’iconographie d’une femme soulevant un voile et brandissant un miroir, pour figurer la Vérité ou la Beauté dévoilée.

La coiffure contemporaine et les traits individualisés du visage tranchent toutefois avec l’idéal du modèle de Cavelier, suggérant que la statue fut en partie conçue comme un portrait. À la manière des « Vénus » de l’époque flavienne, où les femmes de rang étaient immortalisées nues, ces traits délicats pourraient être ceux de la maîtresse de maison bruxelloise pour laquelle l’œuvre fut réalisée en 1900. Idéalisme et réalisme fin de siècle s’y conjuguent en une composition d’une élégance rare, rehaussée par le mystère de l’identité du modèle.

l’ARTISTe

Pierre federspiel

1864 — 1924

Bien qu’éclipsé par la renommée de ses confrères français, Pierre Federspiel fut le plus grand sculpteur luxembourgeois de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle. Formé à l’Académie de Munich puis à l’Académie Julian à Paris, il débute dans l’atelier privé d’Alfred Boucher, proche d’Auguste Rodin. Il expose au Cercle Artistique de Luxembourg en 1894, puis à plusieurs reprises au Salon de Paris.

Son œuvre embrasse aussi bien le monument public que le portrait bourgeois : le Monument Dicks et Lentz de la Place d’Armes, la frise de la comtesse Ermesinde ou les têtes ornant la façade de la Gare centrale. Vénéré par ses compatriotes, il a laissé son nom à une rue luxembourgeoise.