CLODION (CLAUDE MICHEL)

(Nancy, 1738-1814, Paris)

CLODION (CLAUDE MICHEL)

(Nancy, 1738-1814, Paris)

Le sculpteur de la grâce érotique et du monde bacchique, maître inégalé de la terre cuite à la française.

Claude Michel, dit Clodion, naît à Nancy le 20 décembre 1738. Il est le fils de Thomas Michel et d’Anne Adam, fille de Lambert Sigisbert Adam. Cette naissance l’inscrit d’emblée au sein d’une des grandes dynasties de sculpteurs lorrains du XVIIIe siècle, aux côtés des Adam, des Cyfflé et des Mougin. Il arrive à Paris pour se former et entre dans l’atelier de son oncle, François Gaspard Adam. À la mort de Lambert Sigisbert Adam, son grand-père, en 1759, il participe avec ses frères à la restauration des œuvres laissées inachevées.

Après un court passage dans l’atelier de Jean-Baptiste Pigalle, il remporte le Prix de Rome en 1759 avec Absalon fait tuer son frère Ammon dans un festin. Ce succès lui ouvre les portes de l’Académie de France à Rome, où il séjourne de 1762 à 1771, bien au-delà du terme habituel. Il quitte l’Académie en 1767 mais reste à Rome pour répondre à des commandes personnelles, notamment de l’impératrice Catherine II de Russie. Il bénéficie alors d’une grande notoriété et ses productions, inspirées de l’antique, sont recherchées et achetées avant même d’être achevées.

De retour à Paris, aidé par ses frères, Clodion se consacre à la production de statuettes en terre cuite représentant des faunes, des nymphes, des bacchantes et des satyres dans des compositions d’une vivacité et d’une sensualité remarquables. Ces œuvres, prisées par l’aristocratie et la haute bourgeoisie, font sa réputation et définissent son style : un modelé libre, une vivacité d’expression, un sens aigu du mouvement et une science consommée de la mise en scène érotique, jamais vulgaire, toujours tempérée par l’élégance formelle. Il est agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1773, sur un modèle de Jupiter prêt à lancer la foudre.

Son répertoire bacchique connaît une diffusion considérable dès la fin du XVIIIe siècle et exerce une influence durable au XIXe siècle, période durant laquelle nombre de ses modèles sont repris, adaptés et transposés dans divers matériaux, notamment le marbre. La Révolution interrompt sa production décorative. Il se réoriente vers l’architecture et la sculpture monumentale, mais retrouve après le Directoire une vogue pour ses compositions légères et gracieuses. Il décède à Paris le 28 mars 1814, laissant une œuvre abondante et profondément cohérente, unanimement reconnue comme l’expression la plus accomplie du génie décoratif français du XVIIIe siècle.

Littérature :

  • THIRION, Henri. Les Adam et Clodion. Paris : A. Quantin, imprimeur-éditeur, 1885.
  • LAMI, Stanislas. Dictionnaire des sculpteurs de l’école française au dix-huitième siècle. Paris : Champion, 1910–1911, Volume 2