VÉNUS AUX COLOMBES
GILBERT PRIVAT (1892–1969)
Français
Date : 1928
Dimensions : 80 × 40 × 18 cm
Matière : Marbre blanc de Carrare
Signature : « Gilbert Privat »
Contexte historique et artistique
La sculpture représente une femme nue agenouillée sur un socle rectangulaire sobre. Le corps est en légère torsion, les genoux au sol les cuisses repliées sous elle. Le torse est redressé, la tête légèrement renversée vers le haut dans un mouvement d’élévation. Les deux bras sont tendus verticalement au-dessus de la tête, les mains jointes soutenant un groupe sculpté de colombes et de roses.
Le traitement du marbre révèle toute la maîtrise technique de Privat : les volumes sont épurés et synthétiques, la surface polie restitue la douceur du modèle féminin qu’il affectionnait, ces formes arrondies et ces membres élancés qui constituent sa signature.
L’iconographie convoque la tradition antique de Vénus, réinterprétée dans un registre Art Deco. Les colombes, attributs classique, symbolisant l’amour et la paix, ont une importance particulière dans le registre iconographique de Gilbert Privat. Ce dernier ayant combattu lors de la première Guerre Mondiale, a été loué pour ses exploits militaires autant que par les sculptures commémoratives créées au lendemain de la libération (1ère et 2ème Guerre mondiale).
Le catalogue raisonné de l’artiste recense pour ce titre plusieurs épreuves en plâtre, terre cuite et bronze. L’existence de cet exemplaire en marbre témoigne de l’attachement particulier du sculpteur à ce sujet, qu’il reprit et développa tout au long de sa carrière sous des formes diverses.
Un épisode historique est associé à “Vénus aux colombes” en marbre de Privat : pendant l’Occupation, période 40-44, ses praticiens dissimulèrent l’oeuvre sous des sacs de sable dans un atelier à Malakoff, pour la soustraire aux bombardements et au risque d’enlèvement par les Allemands. Le thème de Vénus et des figures féminines associées aux colombes est récurrent chez Privat. Une “Jeune fille aux colombes”, commandée par Mr Hearst pour une fontaine décorative dans ses jardins de Californie, pourrait également correspondre à la sculpture de l’atelier Malakoff.
Cette histoire témoigne de l’importance que l’entourage de Privat accordait à ses Vénus en marbre.
Literature
- Odette Gilbert-Privat et Lefevre, Gilbert Privat : catalogue raisonné, Boulogne-Billancourt, Musée des années 30.
